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Cameron ~ I'll remember you

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◭ Arrivée à Panem : 17/08/2012
◭ SOS : 42

MessageSujet: Cameron ~ I'll remember you Dim 30 Sep - 19:25

Cameron Jonathan Huggins


A SAVOIR

Je me nomme Cameron Huggins. Je suis âgé de 23 années. Je viens du 9. Ma personnalité est duale depuis mon retour. Voici donc mes principaux traits de caractère : compréhensif, patient, aimant, têtu, courageux / colérique, impulsif, paranoïaque, manipulable, auto-destructeur. Mais j'ai aussi certaines faiblesses et atouts qui sont : lunatique, trop émotif, tête brûlée / brave, honnête, altruiste. Je suis dans le groupe Life is terrible.
L'ARTISTE

Votre prénom ? Agnès
Votre pseudo ? Unserious
Comment avez-vous connu HGR ? Via Hunger Games Reaper, et avec l'envie de repartir sur la même base, avec les mêmes.
Que pensez-vous de ce forum ? Je ne suis pas objective. (:
Un petit mot pour la fin ? Je veux RP... Avec toi ?

THIS IS MY HISTORY
- Tu voudrais faire quoi, plus tard ?

Je me tourne vers Natalee, surpris par la question. Difficile de croire que nous ne nous connaissons que depuis quelques mois. L’année scolaire est finie, et nous passons l’été ensemble, dans les champs. J’ai déjà entendu mon père parler des Hunger Games, ces maudits jeux qui ont été supprimés suite à une révolution. Alors, quand elle me pose cette question, je ne peux m’empêcher de penser à ce que je dirais s’ils existaient toujours. Si je savais que je pourrais mourir dans quelques mois. Je la regarde.

- Je ne sais pas… Je ferai ce que je dois faire. Reprendre la ferme de mon père. Faire en sorte que ma famille ne manque de rien. Et tu sais, il y a Pal, elle est petite encore…

Elle secoue la tête et fronce les sourcils. Je vois qu’elle est contrariée, mais je ne dis rien. Je n’ai jamais eu un fort caractère, et surtout pas face à Natalee. Elle a une force d’esprit qui m’est étrangère, et que j’admire profondément. Elle reprend la parole, sans m’accorder un regard.

- Tu devrais vivre pour toi, pas pour les autres.
- Je ne peux pas me le permettre, Nat. Je dois prendre soin de ma famille.

Ses sourcils se froncent davantage, réduisant ses sublimes yeux bleus à la taille de raisins secs, puis elle se tourne enfin vers moi.

- Tu ne veux pas avoir une femme, des enfants ? Vivre pour toi ?

Je la jauge, craignant presque une farce. Voyant qu’elle est sérieuse, j’arrête soudain de sourire. Une femme ? Je n’y avais jamais vraiment pensé. Je n’avais que dix ans après tout. Ce n’est pas un âge auquel on songe à se marier, à avoir des enfants. Ni même à tomber amoureux. Mes iris scrutent les siens. Cela me paraît assez clair, à cet instant. Si je devais envisager un jour de fonder une famille, ce serait avec elle et pas une autre. Cela veut-il dire que je l’aime ? Oh, je préfère ne pas y penser. J’ai le temps de connaître les affres de l’amour. Pour le moment, je suis un gamin. Je veux simplement profiter du moment présent. Après tout, qui sait si nous serons toujours aussi insouciants ? Cela me parait peu probable. Bientôt, nos responsabilités vont nous rattraper. Et nous devrons faire face, de quelque manière que ce soit. Alors, à sa question, je secoue la tête.

- Non. Ça ne servirait à rien.

Et je comprends que je n’ai pas répondu ce qu’il fallait. Pas parce que j’aurais menti ; non, vraiment, je suis convaincu que je n’ai aucun besoin de fonder une famille. Mais parce que je vois Natalee baisser les yeux. Attendait-elle une autre réponse ? Voulait-elle que je lui dise que je veux évidemment avoir une famille, et qu’elle est la personne la plus importante pour moi ? Que je voudrais me marier avec elle ? Je tourne la tête, et tente de deviner à quoi elle peut penser. À son avenir ? Pense-t-elle, comme moi, que la vie qui l’attend est loin d’être belle ? Que le futur est bien dérisoire, que nous n’aurons jamais la merveilleuse histoire dont nous rêvons peut-être ? Je lui prends la main. Je n’ai jamais été très doué pour parler face à des gens. Surtout devant Natalee. Je sais m’amuser, rire avec elle, pleurer parfois, mais je ne sais pas être sérieux. Je chuchote son nom, lui demande de me regarder. Elle s’exécute, sûrement car elle n’est pas habituée à ce que je la commande. Je ne commande jamais. Mais là, ma main se resserre très légèrement sur la sienne.

- Je n’ai pas envie de penser au futur, ça me fait peur. Je ne veux pas me demander si nous serons toujours amis ou non. Il n’y a que toi et moi, là, maintenant. C’est tout ce qui compte. Et j’aimerais que ça reste toujours comme ça.

Mon pouce caresse un instant sa main, puis s’arrête. Je ne la regarde plus. J’ai bien trop peur de la voir disparaître d’un instant à l’autre, dans un nuage de fumée. MA Natalee. La mienne. Je ne veux pas qu’elle pense à son futur. Ou du moins, je ne veux pas qu’elle y pense avec un autre que moi.

© merci à witty storm de bazzart.



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◭ Arrivée à Panem : 17/08/2012
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MessageSujet: Re: Cameron ~ I'll remember you Dim 30 Sep - 19:25



- Cameron Huggins ? Cameron Huggins !

Je recentre mon attention sur le prêtre, puis me tourne vers l’assistance. Je suis le marié. Ma réponse est attendue. Je scrute les visages, tous sauf celui de ma femme, car je sais qu’elle n’a pas envie d’être ici, et que cette situation lui échappe autant qu’à moi. Mon regard croise celui de Natalee. Elle sait ce que je pense, elle me connaît par cœur. J’aurais dû l’épouser. J’aurais voulu l’épouser. Depuis tout gamin. Elle ne m'avait jamais laissé indifférent. Pourtant, je savais qu’elle n’était pas à moi. Que cela faisait trois ans maintenant qu’elle était avec Milan Adamson, et qu’il était l’homme de sa vie. Je déglutis, elle me fait signe de respirer. Je hoche presque imperceptiblement la tête. Comment garder mon calme, comment respirer dans un moment pareil, alors que j’épouse une fille dont je ne sais rien ? Bien sûr, Adrastée est magnifique. Bien sûr, j’ai rêvé d’elle, et je la trouve charmante. Et évidemment, c’est la femme idéale. Mais elle n’est pas Natalee, ne le sera jamais. La promesse faite entre la blondinette et moi en a pris un sacré coup. Je regrette désormais de ne pas lui avoir dit qu’elle me plaisait quand il en était encore temps. Mais le mal est fait ; mes parents ne me pardonneront pas si je ne prends pas Adrastée pour épouse. Pour eux, il s’agit de recrues supplémentaires pour la rébellion. Comme s’ils enterraient ma femme avant même que nous ayons prononcé nos vœux. Je me tourne de nouveau vers elle. Je suis paniqué, et elle le voit. Pourtant, je prononce les paroles fatidiques.

- Je le veux.

La question est maintenant adressée à elle. Je lui serre la main. Quoiqu’il arrive, je ne l’abandonnerai pas. Je m’en suis fait la promesse. À son tour, elle consent à me prendre pour époux. J’entends à peine le « vous pouvez embrasser la mariée ». Elle est terrifiée, elle ne veut pas. Elle ne me connaît pas. Je me penche et dépose un baiser au coin de ses lèvres, de façon à ce que l’assistance croie à un véritable baiser. Donnons-leur ce qu’ils veulent : une belle histoire d’amour romantique. Lorsque je lève les yeux, je les plante dans ceux de ma femme. Je murmure que tout ira bien, et je vois qu’elle se calme. Quand, enfin, je tourne la tête vers mes proches, Natalee a les yeux baissés.

---------

- J’ai un signal !

Je me rue vers Dean, mon bras droit dans le district neuf. Nous nous sommes déployés tout autour du Capitole. Mais ce sont des rebelles du six qui ont pénétré l’endroit où les tributs sont retenus. À ses côtés, je ne lâche pas des yeux la petite radio qui lui permet de communiquer avec les autres. Je respire profondément. Cela fait quelques mois que la guerre a commencé. Quelques mois que je vis pour sauver Milan Adamson. Adrastée ne me voit quasiment plus. Les Hunger Games n’ont pas encore commencé. Tout simplement parce que le Capitole sait que nous sommes sur le qui-vive, que nous attendons juste le moment opportun pour attaquer. Tout à coup, un cri déchire le silence. Il vient du radio-transmetteur. Dean et moi échangeons un regard. Nous savons très bien ce qu’il veut dire. Tout à coup, les explosions s’enchaînent à l’autre bout de la ligne. Tout le monde s’est rassemblé autour de nous, et les murmures s’élèvent.

- La ferme !, m’écrié-je, alors qu’une voix s’adresse de nouveau à nous.
- Ils ont emmené les tributs. Deux rebelles sont tombés. Nous allons être obligés de reporter la suite de la mission.
- Quoi ? Vous étiez censés les sortir de là ! Vous n’aviez que ça à faire !

Tout le monde se tourne vers moi. J’ai crié tellement fort que je sens battre mes tempes. Je les regarde à mon tour.

- Bande d’incapables.

Sans réfléchir, je cours vers le Capitole, qui se trouve à quelques kilomètres de nous. Dean s’élance à ma suite.

- Cameron, reviens ! C’est dangereux. Nous ne pouvons pas les sauver tout de suite. Il suffit d’attendre quelques semaines encore…

Je m’arrête et lui fais face.

- Ils seront morts dans quelques semaines ! Les Jeux ont déjà pris des mois de retard suite à nos premières attaques. Mais on ne pourra pas repousser l’échéance indéfiniment.

Je m’approche de lui. Ma mâchoire est serrée, mon pouls rapide.

- Si Adamson meurt, je te tue. Je n’aurai pas de scrupule, je le ferai. Je te tuerai, pas pour te punir, mais pour que ta famille souffre. Alors, tu m’aides ou pas ?

Dean semble paralysé. Sûrement car il voit, il sait, que je suis très sérieux. Je ne fais jamais de menace à la légère. Ce n’est pas un sujet sur lequel on aime plaisanter. Il hoche la tête. Je lui fais signe de me suivre, et nous nous remettons en route. Face à nous, le Capitole se dresse, impressionnant, victorieux.



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◭ Arrivée à Panem : 17/08/2012
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MessageSujet: Re: Cameron ~ I'll remember you Dim 30 Sep - 19:25



Nous nous tenons, impuissants, devant la télévision. Milan vient de tomber au sol. Le canon retentit. Je tourne la tête vers Adrastée, mais elle ne pleure même pas, comme si elle ne ressentait rien. Je murmure son prénom, mais sans un bruit, elle se lève et quitte la pièce. Je reste un instant paralysé, impuissant, inutile, quand soudain, une personne me vient en tête, et il m’est alors impossible de rester sans rien faire. Natalee. Je me lève et sors précipitamment de la maison. Il pleut à torrents. Je cours, aussi vite que possible, jusque chez elle. J’ouvre la porte d’un geste vif. Elle est assise par terre, contre un pan de mur, et pleure comme je ne l’ai jamais vue pleurer. L’une de ses mains est crispée sur son ventre rond. Je m’accroupis à côté d’elle et glisse une main sur sa joue humide.

- Respire, Natalee… Respire…

Mais elle semble ne pas pouvoir s’arrêter de sangloter, de s’étouffer, de crier intérieurement. Je lui relève la tête.

- Pense à Milan, Natalee. Pense à ton bébé. Tu ne peux pas te laisser submerger.

Elle détourne le regard. Le flot de larmes qui coule le long de ses joues ne s’arrête pas.

- Pense à moi !

Je crie, cette fois. Elle me regarde droit dans les yeux. Je laisse un instant mes iris plantés dans les siens, puis je lui lâche le menton, et me relève. Je sais qu’elle ne pense pas à moi. Je sais qu’elle s’en moque. Et je sais qu’elle a choisi Milan. Même mort, c’est lui, pas moi. L’amitié ne peut pas rivaliser face à l’amour. Les sentiments que j’ai pour elle semblent être illusoires. Elle chuchote mon nom entre deux sanglots, mais je suis déjà sorti. Je fonce, droit devant, sans regarder où je vais. Je veux juste partir, tout simplement. Le bras de quelqu’un m’arrête, au bout de quelques minutes à peine. Dans un premier temps, je pousse la personne. Je ne cherche même pas à savoir de qui il s’agit. Mais lorsque je lève le regard, je reconnais Dean. Sans réfléchir, je le plaque contre le mur le plus proche, une lueur assassine dans le regard.

- Je vais te tuer !
- Cameron, attends…

Je serre mon avant-bras contre son cou, jusqu’à ce qu’il suffoque. Puis je relâche un peu, le temps de crier une nouvelle fois.

- Milan est mort à cause de toi !
- Cameron !, hurle-t-il à son tour.

Je le lâche brusquement, sous l’effet de la surprise. Il m’attrape les poignets pour m’empêcher de le frapper de nouveau, puis murmure tout bas :

- Milan est vivant.


---------


Je pénètre dans la salle blanche, froide, et le premier regard que je croise est celui d’une jeune fille aux cheveux châtains. C’est seulement maintenant que je réalise que nous avons réussi. Que nous sommes entrés, au bout de nombreuses tentatives ratées – des centaines -, dans le Capitole. Là où ils retiennent prisonniers tous les tributs. On me l’a dit rapidement ; tous les rebelles étaient au courant des plans du Capitole. Faire croire que les tributs mouraient un à un, mais les garder prisonniers dans un endroit secret pour mener diverses expériences. Je le vois, maintenant. Les adolescents sont propres, mais considérablement amaigris. Ils étaient sur le point de mourir, assurément. Nous arrivons juste à temps ; du moins, c’est ce que j’en déduis. Je regarde la poignée de rebelles qui m’accompagne, les remerciant pour leur aide d’un signe de la tête, puis je me tourne de nouveau vers les tributs. C’est alors que je croise le visage de Milan. Maigre, apparemment épuisé, il est bien loin du garçon que j’ai connu, celui qui m’a frappé lors de la parade. Mais il est vivant. Je me dirige vers lui et coupe les liens qui le retiennent à un siège. Je ne sais pas pourquoi ils lui ont fait ça. Est-il considéré comme étant plus dangereux que les autres ? Ou est-ce simplement une mesure de précaution ? Je le regarde, et étrangement, il ne me saute pas à la gorge.

- Prêt à rentrer, Adamson ?

Il ne me répond pas, mais son regard reste planté dans le mien. Toujours cette même impudence. Je sais qu’il me déteste. Mais en ce qui me concerne, je ne suis pas certain de toujours le haïr. Je le méprisais avant tout pour m’avoir pris la femme de ma vie. Celle avec qui j’aurais dû me marier, faire des enfants. Mais je sais pertinemment que, si j’ai fait tout ça pour lui sauver la vie, ce n’est pas uniquement pour Adrastée ou Natalee. Je n’ai pas envie qu’il meure. Je le respecte. Je l’apprécie presque. Peut-être parce que je sais que sans mon plus grand rival, je ne suis plus rien. Sans lui, je n’ai plus de raison d’être meilleur. De devenir meilleur.
Quand je me retourne, je vois mes amis accourir auprès des tributs ; certains les rassurent, d’autres les serrent dans leurs bras. Cette guerre dure depuis maintenant trente-deux mois. Et j’en suis certain, elle touche à sa fin. Mais tout à coup, les portes de la salle s’ouvrent à la volée. Des Pacificateurs, bardés d’armes blanches diverses, nous foncent dessus. L’un d’eux s’approche dangereusement de nous. Je pousse Milan au sol, et le plaque contre le carrelage immaculé.

- Reste-là !

Je me relève et sors ma dague de ma poche. Je porte un premier coup à l’homme, qui l’esquive avec maîtrise. À son tour, il avance sa lame vers moi, mais je ne suis pas assez agile. Le métal glisse sur ma joue, rouvrant la cicatrice de ma précédente blessure, que je m’étais faite lors d’un entraînement avec Adrastée. Je laisse échapper un cri. Mes yeux se plissent, alors que je plante mon arme dans l’épaule du Pacificateur. Il recule sous l’effet de la surprise, mais je sais pertinemment que leurs uniformes sont trop épais et que le répit sera de courte durée. Je saisis le poignard, l’extrais de sa chair et le plante de nouveau, dans son ventre. Il crie à son tour. Je recule pour tenter un dernier coup, visant désormais sa gorge. Mais il est plus rapide ; son fer s’enfonce dans mon abdomen. Le monde semble s’arrêter. Je place mes mains de chaque côté de la plaie, alors que l’homme enlève doucement son arme. Mes genoux frappent le sol. Je lève les yeux vers lui, sentant déjà l’odeur du sang se propager dans ma bouche. Et puis, je le vois se raidir et entrouvrir les lèvres. J’ai à peine le temps de voir qui l’a attaqué par derrière, qu’il se retourne pour enfoncer son couteau dans les entrailles de cette personne. Je ne vois son visage que lorsqu’il s’effondre à terre, face à moi. Je le reconnais. J’hurle, de toutes mes forces. Et puis, j’agonise. Je n’ai plus assez de forces, et je tangue jusqu’à m’effondrer presque totalement. Je porte une main tremblante à mon ventre. Les gouttes de sang chaud coulent le long de mes doigts, sur mes poignets, mes avant-bras. Je grimace. Autour de moi, tout le monde s’agite. Je me traîne péniblement sur le sol, laissant une traînée sanglante derrière moi. Impuissant, je regarde le corps apparemment sans vie de Milan, dont j’attrape les mains, et les serre dans les miennes. Je ne sais même pas pourquoi, mais des larmes coulent sur mes joues. L’odeur du sang est omniprésente. Son goût envahit ma bouche, et une goutte coule sur ma lèvre. Je vais mourir aussi, c’est certain. Dean essaie de m’éloigner du corps de Milan pour observer ma blessure, mais je m’y accroche de toutes mes forces. Je gémis un instant, puis je sanglote, et pleure réellement. Je n’ai pas réussi à le sauver.
Soudain, je manque d’air. Je panique. Je respire vite, une main crispée sur la plaie béante. L’autre ne lâche pas Milan. Lentement, je sombre. Je sens qu’on m’emmène ; qu’on parvient finalement à me faire lâcher prise. Je sens également la vie me quitter. Je ferme les yeux, pour toujours.




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◭ Arrivée à Panem : 17/08/2012
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MessageSujet: Re: Cameron ~ I'll remember you Dim 30 Sep - 19:25



Mes paupières se rouvrent sur une salle sombre. J’ai l’impression d’être dans une chambre d’hôpital, mais vu l’obscurité qui règne ici, je ne peux pas vraiment en être sûr. J’ai mal, horriblement mal. Rapidement, je porte une main à mon bas-ventre. Je sens un creux dans ma chair, en dessous de ma blouse blanche sur lesquels mes doigts glissent lentement. J’appuie doucement, je grimace. Une jeune infirmière pénètre dans la chambre et allume la lumière, un sourire aux lèvres.

- Vous êtes réveillé.

Je fronce les sourcils. Je me redresse doucement dans mon lit, jusqu’à être assis. Elle enfonce un oreiller derrière mon dos.

- Combien de temps ai-je été inconscient ?
- … Un petit mois, monsieur.

Je secoue la tête et attrape le verre d’eau posé sur la table de nuit. La fraîcheur du liquide apaise la douleur provoquée par la sécheresse de ma bouche. J’essaie de me souvenir de la manière dont je suis arrivé ici. De ce qui a provoqué mon hospitalisation, comme ma blessure au ventre. Mais je n’en ai aucune idée. Je lève les yeux vers la jeune femme.

- Je ne me souviens plus. Comment suis-je arrivé ici ?
- C’est normal, monsieur. Vous avez échappé à la mort. La mémoire va revenir progressivement, nous allons prendre soin de vous.

Je commence à trembler. Je sais que quelque chose cloche. Je sais que non, ce n’est pas normal. Je regarde ma main gauche. Aucune trace d’alliance. J’ai pourtant la sensation d’avoir porté un bijou à mon annulaire, avant cet accident. Mais je n’arrive pas à me rappeler. Ni de ma femme, ni de mes amis. Ni de mon propre nom. Je regarde l’infirmière. Elle a de longs cheveux blonds, qui me rappellent quelqu’un. Et de grands yeux bruns, qui ne me sont pas inconnus. Mais ces personnes que je semble reconnaître, je ne m’en souviens absolument pas.

- Restez, lâché-je dans un souffle. Ne me laissez pas seul.

Je l’implore presque. Je suis resté tellement longtemps sans voir qui que ce soit, que je sais pertinemment qu’une seule seconde de plus seul, et je deviendrai maboule comme les gens allongés dans les lits autour de moi, qui prononcent des paroles incompréhensibles. La jeune femme semble hésiter, mais s’assied finalement sur le lit à côté de moi.
Même si je me sens assez mal à l’aise, nu sous ma blouse de malade, vulnérable comme je ne l’ai jamais été, je discute assez facilement avec la jeune femme. J’apprends qu’elle a toujours vécu au Capitole, et que moi aussi. Que c’est au cours d’une bagarre que j’ai été blessé, mais que mes proches ont été informés et ne se font pas de soucis. Lorsque je lui demande de quels « proches » il s’agit, elle me répond que mes amis en ont été avisés. Que mes parents sont morts il y a longtemps, et que je n’ai personne dans ma vie, du moins, pas à sa connaissance. Quand je lui affirme que je veux parler à un médecin, elle est d’abord réticente, mais accepte finalement d’appeler le chirurgien qui a pris soin de moi. Elle nous laisse en tête à tête. Je le dévisage d’abord longuement ; il s’agit d’un homme d’une quarantaine d’années, aux cheveux roux et à la peau légèrement teintée. À la faible lumière de la pièce, on peut voir les dessins sculptés dans la peau de son visage ; des croix, de toutes petites croix, qui partent de ses joues et remontent jusqu’à son front. Je trouve cela insolite, mais je ne dis rien.

- Vous vouliez me voir ?
- Je… Ne le prenez pas mal, commencé-je. Je vous suis vraiment reconnaissant pour m’avoir sauvé la vie, mais depuis mon réveil, ma mémoire semble quelque peu… défaillante.

Je choisis mes mots avec soin. Je ne sais pas pourquoi je suis là, ni si ces gens me veulent du bien ou non. Je ne saurais même pas dire pourquoi je suis aussi méfiant. Le docteur paraît déstabilisé par ma question. Il bégaie.

- C’est le traitement qui provoque ce genre de réaction. Ça passera très vite.
- Je n’en doute pas, l’interromps-je. Simplement, je ne me souviens même plus de mon nom.

Il reste silencieux, m’observe. Je le dévisage. Lentement, j’articule.

- Pouvez-vous me dire comment je m’appelle ?

Pas de réponse. Je ne le lâche pas des yeux.

- Je viens de vous demander mon nom, docteur.

Je tremble de plus en plus. Je sais pertinemment que quelque chose cloche, que leur attitude n’est pas normale. Au bout de quelques secondes, il brise le silence.

- Vous devriez vous reposer un peu. Votre mémoire reviendra demain.

Je le regarde partir. Je bous de rage. S’il ne veut pas répondre à mes interrogations, c’est probablement car il a quelque chose à cacher. Si seulement je pouvais savoir quoi. Bien sûr, ils ne m’ont pas laissé de miroir ou d’objet réfléchissant à proximité. Peut-être ont-ils peur qu’en voyant mon visage, je me rappelle de mon identité. Je soupire, et ferme les yeux. Si seulement j’avais su que j’allais me réveiller pour connaître une mort encore plus douloureuse, je serais resté dans le coma.




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Cameron ~ I'll remember you

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